Sophrologue praticienne, coach en développement personnel et professionnel,

praticienne en techniques de respiration et pratiques de relaxation.

Les lois naturelles de l’enfant de Céline Alvarez ,
la phénoménologie et la sophrologie existentielle

Article publié le 7 novembre 2016

Très récemment j’ai pu assister  à la conférence de Céline Alvarez concernant la publication de son livre qui a suscité un mouvement culturel d’ampleur plus qu’européenne sur les thématiques de l’accompagnement au développement l’enfant mais aussi de celui des adultes.

Il en a suivi un échange très intéressant, auquel j’ai pu participer, sur la plasticité du cerveau des enfants comme des adultes, de la présence à soi, du changement du comportement à la lumière des nouvelles découvertes des neurosciences.

Il a été également question de la posture des accompagnants et/ou thérapeutes en tant que phénoménologues, à savoir leurs capacité d’accompagner le développement de la personne en l’accueillant comme l’être qui se manifeste devant nous ici et maintenant sans jugement ni apriori.

Dans son très beau livre « Les lois naturelles de l’enfant » dont je recommande vivement la lecture (comme celui du docteur Catherine Gueguen duquel elle s’inspire : « Pour une enfance heureuse »), Céline Alvarez nous rappelle que :

« La plasticité cérébrale des enfants est ce processus continu et dynamique de création, de renforcement et d’éliminations des connexions synaptiques en fonctions des expériences les plus fréquentées…

Notre architecture cérébrale est donc influencée par nos activités répétées…

Mais retenons bien ceci : dans ses coupes synaptiques le cerveau ne regarde pas la qualité de ce qu’il supprime ou de ce qu’il conserve, il se contente simplement de renforcer les expériences les plus fréquentées et d’éliminer les autres, la plasticité cérébrale des enfants n’est pas doté de sens critique. »

Or, tous ce qui est vrai pour l’enfant le reste également pour l’adulte.

Il en va de soi que le cerveau de l’enfant est beaucoup plus plastique que celui de l’adulte qui, lui, est plus cartographié par les expériences vécues, mais il garde quand même toujours la capacité d’encoder d’autres expériences nouvelles qui réécrivent et renouvellent perpétuellement cette cartographie.

La nature a bien fait son travail : nous ne sommes jamais  figés dans des schémas de déterminisme.

Nous avons inscrit en nous-même cette capacité de changement, de transformation, et ça dès notre naissance : nous naissons en quelque sorte déjà « câblés » pour cela.

Il en découle que le développement de l’enfant, comme de l’adulte, passe par des expériences sensorielles qui soient agréables  et répétés, afin de soutenir, accompagner, ne pas entraver, le phénomène qui se présente devant nous : l’enfant ou l’adulte avec tout son potentiel de vie qui ne demande rien d’autre que de se développer dans son être vivent ici et maintenant.

Céline Alvarez, dans son expérience aux résultats exceptionnels, menée pendant 3 ans dans une école défavorisée de Gennevilliers,  a mené un projet d’accompagnement des enfants en s’appuyant sur les expériences de l’italienne Maria Montessori mais aussi en mettant en place les  préceptes de Carl Rogers pour l’accompagnement des adultes:

  • écoute emphatique ;
  • bienveillance ;
  • non jugement.

Préceptes qui sont également ceux propres à la sophrologie existentielle.

C’est, donc, la relation bienveillante qui favorise le développement de la personne en tant qu’enfant ou être adultes, au-delà de toute « méthode ».

Elle a proposé aux enfants entre 3 et 5 ans des « exercices de présence à soi ».

Elle écrit dans son livre :

« Alors que les enfants étaient assis en tailleur… je les invitais à fermer les yeux et à placer les mains sur leurs genoux ou entre leurs jambes à  leur  convenance… en les guidant avec ma voix je leurs demandais de rendre totalement immobile chacune des parties de leur corps.

J’attirais l’attention sur leurs mains posées sur leurs  genoux ainsi que sur leurs différentes parties de leur visage, leurs bras, leurs pieds… et j’attirais leur attention sur leur ventre qui, lui, se gonflait et se dégonflait délicatement.

Les enfants entraient alors dans un grand calme et le silence s’installait dans la classe …

Nombreux études montrent aujourd’hui que des exercices de ce type, s’apparentant à un approche méditative de pleine conscience, développent de manière considérable le contrôle inhibiteur des enfants et génèrent des changements remarquablement positifs dans leurs vie quotidienne, tant au niveau scolaire que social.

Les enfants entrent plus facilement dans les apprentissages, leur attention se développe, ils sont plus à même de gérer leur stress et leurs émotions, et leurs relations sociales s’en trouvent nettement apaisées ».

La proposition sophrologique existentielle a, donc, toute sa place dans l’accompagnement de l’être humain dès l’enfance à l’âge adulte.

Un grand Merci à Céline Alvarez pour son engagement et sa façon d’échanger avec son public.

 

 

 

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