Sophrologue praticienne, coach en développement personnel et professionnel,

praticienne en techniques de respiration et pratiques de relaxation.

La Dépression

Article publié le 18 janvier 2017

Au sens large la dépression est un trouble de l’humeur, mais en fait ceux qui ont été déprimés savent qu’il n’y a pas qu’un visage à cette maladie.
Pour le sens commun le terme suggère que l’on se sent comme dans un « creux, dépression »
Mais ces mots omettent le caractère essentiel de ce trouble à savoir qu’il consiste plus en une combinaison d’éléments plutôt qu’en un seul trait.
Parmi les différentes définitions que l’on puisse donner il y a celle de pathologie de la créativité, un blocage de la possibilité de se penser différemment : En fait la dépression clinique (« majeure ») est un état dans lequel une humeur dépressive ou une perte d’intérêt persistants sont accompagné d’autres signes physiques et mentaux comme, par exemple le sommeil perturbé, des troubles de l’appétit (alimentaire et sexuel), diminution de la concentration, sentiments de désespoir ou bien d’insuffisance, sentiment de solitude et d’isolement. Il y a un lien de toute évidence entre stress et dépression, car cette dernière est souvent la réponse pathologique qui se manifeste dans les personnes soumises à un stress au quel ils ont le sentiment de ne pouvoir faire face (combat-fuite) ou bien ils se ressentent sous-employé par rapport à leurs capacités réels (inhibition).
Mais la dépression est avant tout une pathologie du corps dans sa globalité : ça n’est pas seulement une question « mentale » mais c’est une question aussi bien psychique que physique : il y a un « facies » dépressive : les plies des yeux vers les bas tout comme les coins de la bouche, des nouvelles rides d’expression de forment dans le visage, le regard plus étant, presque vide, la voix plus faible.
La posture change, elle est plus repliée vers soi-même.
Petit à petit le corps dans sa globalité est déserté.
L’esprit se réfugie quelque part dans le corps, mais le corps n’est plus habité dans sa totalité.
On n’a plus d’appétit, les saveurs changent (on n’a plus de « gout » à la vie) , on touche sans sentir par ses mains , on regarde sans voir par ses yeux , les couleurs disparaissent du monde extérieur, on n’entend plus toutes les tonalités des voix ni des sons…Il n’y a plus de charge libidinale, donc pas d’élan, pas de possibilité nouvelles, il n’y a plus de créativité, c’est l’impasse, le blocage et on a un sentiment tel que : « je ne peux rien changer , je ne peux pas me ressentir de façon diffèrent …. Tout est inutile…ça sera toujours comme ça…. ».
Le flux continu d’images mentales progresse dans un rythme de moins en moins fluide pas du tout « cinématographique » (Ougourlian) et rapide, il y a quelque chose de l’ordre de la fixité qui s’installe à la place (Obstacle épistémologique): c’est le creux, c’est la dépression.
Sans retracer l’histoire de la maladie qu’aujourd’hui on nomme « dépression » on peut dire que la réponse sociale de la fin des années ‘50 a été l’usage des antidépresseurs (not. Benzodiazépines) qui avaient le mérite d’augmenter l’efficacité des connections entre les cellules (neurorécepteurs) du cerveau et la quantité des neurotransmetteurs comme la noradrénaline et la sérotonine.
Cette réponse s’est avéré efficace pendant un bon laps de temps, surtout lorsqu’ elle était accompagné d’une thérapie de soutien psychologique (TCC, Psychanalyse, Psychothérapies etc.).
Malgré ça, dans les années 1980 on s’est aperçu que socialement le problème était loin d’être résolu car on commençait à s’apercevoir de l’ampleur des cas de retour des nouveaux épisodes dépressifs chez des personnes qui avaient déjà connu un épisode.
De ce fait on a commencé à concevoir la dépression comme une maladie chronique, récidivante, et on a commencé à s’intéresser aux traitements de prévention de ces rechutes.
C’est bien pour ça que le corps médical a commencé à se poser des questions d’ordre plus précis par rapport à cette maladie, à savoir :

A) Pouvons-nous parler de vulnérabilité cognitive à la rechute ?

Si quelqu’un par ex croit que « pour aller bien je dois réussir tout ce que j’entreprends » son humeur sera bonne tant qu’il n’échue pas, autrement son humeur deviendra triste.

Les humeurs tristes réactivent les attitudes et les croyances vulnérables et avec le temps si ces « humeurs tristes » persistent, se figent, deviennent des blocages, des schémas fermés, les circuits de la dépression sont plus facilement activés car ils deviennent des véritables pensées négatives et des représentations négatives de soi-même.

B) Quelle est la relation entre l’humeur et la dépression ?

Certaines personnes agissent de la façon à garder l’attention sur elle mêmes dans une situation d’humeur triste peuvent rentrer dans un schéma sensations corporelles humeur/ images /pensée/ en boucle négative.
Dans cet état d’esprit ces personnes passent beaucoup de temps à « ruminer » sur la raison pour laquelle ils se sentent ainsi (pourquoi ?-recherche du bouc émissaire, ruminations autour de soi) en renforçant de cela l’état de détresse au lieu de « trouver une solution pour s’en sortir ». (Passage du « pourquoi ? » au « Comment ? »)
L’esprit en somme, dans son vagabondage physiologique tourne en boucle dans une modalité « faire » parce que dans une situation où aucune action immédiate ne peut être entrepris l’unique action possible à l’esprit est celle de continuer à manipuler des idées.
Et qui plus est, cette aptitude entraine une identification du Moi avec la pensée négative et les pensées sont perçues comme nécessairement vraies, réelles (angoisses d’anticipation).

C) La dépression est-elle une pathologie de l’esprit outre qu’une pathologie de la cognition ?

A partir de tout ça il en découle que l’essence de la dépression se situe dans un niveau bien plus profond que le niveau purement cognitive-conceptuel : cette essence relève d’une expérience de l’esprit, des humeurs, émotions, sentiments et donc de la globalité du corps.
Comme la dépression c’est une expérience de souffrance du corps dans sa globalité (corps propre, esprit, mental) c’est par une nouvelle expérience globale du corps que l’on peut s’en sortir. Cela entraine encore une fois le deuxième cerveau, le cerveau émotionnel.
Très souvent ce n’est pas, donc, seulement par le biais d’une thérapie qui mobilise que le coté cognitiviste ou bien conceptuel qui se trouve une possibilité d’intervention, mais il s’agira plutôt de fournir aux personnes des nouvelles expériences pour l’esprit, pour le mental et pour le corps encore et encore. Au fil du temps l’accumulation de cette expérience nouvelle de soi créera une vue, une expérience, alternative et par là une possibilité de sortie des blocages et de créativité nouvelle.
C’est bien là que la Sophrologie dans sa dimension existentielle a toute sa place et qu’elle est de plus en plus intégrée au même titre que la méditation dans les protocoles de d’accompagnement vers la sortie de la dépression et en fonction de prévention contre les rechutes depressives.

 

 

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